Tata : une affaire de famille par Marie Forchini

TataA l’occasion du 26 janvier qui célèbre le jour de la République en Inde, je voulais revenir sur les personnes qui ont œuvré dans l’ombre pour l’indépendance de l’Inde et la construction du pays. Parmi ces personnes, il a une famille que vous connaissez tous, au moins de nom, j’ai nommé la famille Tata.
Ces pionniers de l’industrie indienne sont issus de la communauté des Parsis, c’est à dire les perses qui se sont réfugiés en Inde lorsque l’Iran a été convertie à l’Islam. Les parsis sont connus pour leur sens du business et les valeurs de leur communauté telles que le respect et la transparence.

C’est tout d’abord dans la société de trading de son père que JAMSETJI NUSSERWANJI TATA fait ses armes. A 29 ans, il rachète une fabrique d’huile en faillite et la transforme en fabrique de coton… Ca y est la saga Tata est lancée. JAMSETJI pense que l’Inde ne peut gagner son indépendance sans industrie, il œuvrera toute sa vie dans l’ombre afin de faire évoluer les techniques et les technologies ainsi que les conditions de travail de ses employés. Ce Mumbaïte visionnaire poursuit quatre rêves: construire un grand hôtel de luxe ouvert à tout le monde (à cette époque seuls les occidentaux sont autorisés dans les hôtels de luxe de Bombay), construire une grande université, construire une centrale hydro-électrique et construire une usine de sidérurgie. De son vivant JAMSETJI n’accomplira que le premier, il ouvre la Taj Mahal Palace en 1903 avec comme mot d’ordre : « je veux que cela soit grand et somptueux ». C’est son fils ainé DORABJI TATA qui continuera l’œuvre de son père en fondant TATA STEEL en 1911 (TISCO à cette époque), la première aciérie du pays, devant des anglais stupéfaits. Tout d’abord réticents, ces derniers impliqués dans la première guerre mondiale trouvent leur compte en achetant leur matière première directement en Inde. Le groupe TATA fait fortune grâce aux anglais, ce qui permet à DORABJI de construire le premier Indian Institute of Technology situé à Bangalore. Le deuxième fils de  JAMSETJI TATA est un personnage plus exubérant. RATAN TATA est un intellectuel passionné d’art et de littérature, il constituera une collection de tableaux, de sculptures, d’objets d’arts d’une richesse considérable. Cette collection est d’ailleurs visible au musée Chatrapati Shivaji de Mumbay. Outre son penchant pour l’art, RATAN est épris de justice et de liberté, il fera de nombreuses donations à Gandhi alors que ce dernier n’est encore qu’avocat en Afrique du sud. C’est ainsi que les deux familles se rencontrent et œuvrent pour la libération de l’Inde. Mais là où Gandhi prône la désobéissance civile et encourage les indiens à filer eux-mêmes leurs vêtements, les TATA construisent les piliers de la future Inde industrielle.

« When you have to give the lead in action, in ideas — a lead which does not fit in with the very climate of opinion — that is true courage, physical or mental or spiritual, call it what you like, and it is this type of courage and vision that Jamsetji Tata showed. It is right that we should honor his memory and remember him as one of the big founders of modern India. »— Jawaharlal Nehru

Marie Forchini